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Procès de Marou Amadou

Chronique d’un harcèlement

mercredi 19 août 2009 par Albert Chaïbou

Jugé pour « provocation à la discrimination raciale et incitation à la désobéissance adressée aux forces de sécurité », Marou Amadou, le président du Front Uni pour la Défense des Acquis Démocratiques (FUSAD) et porte parole du Front pour la Défense de la Démocratie (FDD) a été libéré le mardi 11 août 2009 par la justice pour vice de forme.

Pendant qu’il attendait dans la soirée sa levée d’écrou à la prison civile de Niamey, il a été embarqué dans une voiture pick up avec à bord des éléments de la Garde républicaine pour une destination inconnue. On apprendra plus tard que Marou Amadou a subi trois allers -retour à la prison de haute sécurité de Koutoukalé à une quarantaine de kilomètres de Niamey avant d’être reconduit à la Police judiciaire où il est actuellement gardé.

Interrogé par RFI, le ministre de la communication, porte- parole du gouvernement, a assuré que Marou Amadou n’était pas libre dans la mesure où le procureur a selon lui interjeté appel. Mais les avocats disent ne pas être informés d’un tel appel. Rappelons le, Marou Amadou a été arrêté à son domicile le 10 août 2009, aux environs de 6h du matin par la police judiciaire de Niamey. Conduit directement dans les locaux de la police judiciaire, il a été informé qu’il est poursuivi par le ministère public « pour atteinte à la sûreté de l’Etat ».

Dans la matinée du dimanche 09 août 2009, le FUSAD a rendu publique une déclaration lue par Marou Amadou, dans laquelle le front exige la réhabilitation de l’Assemblée nationale et de la Cour constitutionnelle dissoutes par le Président Tandja, et a « demandé aux Forces Armées Nigériennes de vouer loyauté à ces deux institutions conformément à la lettre et à l’esprit de Constitution du 09 Août 1999 ». Le FUSAD, par la voix de Marou Amadou, a également « informé l’opinion nationale que l’ex-Président de la République Tandja et ses complices font d’ores et déjà l’objet de poursuite devant la Cour de Justice de la CEDEAO et bientôt devant d’autres juridictions régionales et internationales. » Enfin, le front dirigé par Marou Amadou a « décrété à partir du 09 Août 2009 l’état de mobilisation générale et permanente sur toute l’étendue du territoire national et au-delà, jusqu’à la chute effective du régime d’exception du Lieutenant-Colonel Tandja Mamadou ».

Après avoir été interrogé par la police judiciaire, M. Marou a été déféré le même jour devant le Procureur de la République près le tribunal de Niamey, qui l’a inculpé « d’atteinte à la sûreté de l’Etat » avant de le mettre sous mandât de dépôt à la prison civile de Niamey. Après avoir passé une nuit en prison, M. Marou Amadou a été jugé selon la procédure du flagrant délit dans la matinée du mardi 11 août 2009.

Déjà, tôt dans la matinée du mardi, la police a bouclé les principales voies d’accès au palais de justice de Niamey, où un grand nombre de militants de l’opposition venus assister au procès ont été dispersés par les éléments des forces de sécurité, à coup de jets de gaz lacrymogène. On note parmi eux de nombreux blessés et une cinquantaine d’arrestations.


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