Des élus et chefs traditionnels d’Agadez alertent sur les risques d’une détérioration de la stabilité !
jeudi 10 janvier 2013 par Hassane Boukar
Une importante délégation de la région d’Agadez conduite par la plus haute autorité coutumière de la région Son Altesse Ibrahim Oumarou Ibrahim Silimane, Sultan de l’Air, ainsi que le Président du Conseil régional d’Agadez, Mohamed Anako, vient de rendre publique une déclaration ce 10 janvier 2013. Cette déclaration faite au siège de l’Association Alternative Espaces citoyens à Niamey vise à dénoncer « l’épuisement des nappes fossiles », « le développement des maladies liées à la radioactivité », ainsi que « la disparition de la faune et de la flore » dans la région d’Agadez du fait de l’exploitation de l’uranium par Areva et plusieurs autres sociétés d’exploitation ou de prospection.
Dans cette déclaration il est entre autres reproché aux sociétés minières la « très faible participation au développement local », « le non respect des normes environnementales en matière de gestion des résidus solides et liquides radioactifs comme les eaux usées déversées dans la vallée et consommées par les animaux ». Pendant ce temps, le chiffre d’affaires d’Areva ne fait que pousser au Niger. « Après un demi siècle de recherche et d’exploitation d’uranium dans la région d’Agadez, c’est aujourd’hui un chiffre d’affaires de plus de 350 milliards Fcfa par an qui est réalisé par le groupe Areva et la société des mines d’Azelik (SOMINA) au Niger » rappelle la déclaration.
Quant à l’Etat du Niger, il semble avoir délaissé la population du Nord à son sort sur ce chapitre. On assiste à une « démission totale des cadres de l’administration étatique dans le suivi des activités de recherche et d’exploitation minière » disent les élus et acteurs de la société civile d’Agadez initiateurs de cette déclaration.
Le Coordonnateur régional de Alternative Espaces Citoyens d’Agadez, Ibrahim Manzo, qui a lu la déclaration au nom des députés, du Conseil régional, des chefs traditionnels et du Groupement des organisations de la société civile de la région d’Agadez a déclaré : « C’est un cri d’alarme que nous lançons à l’endroit de nos plus hautes autorités, de nos élus nationaux, régionaux et locaux, des organisations de la société civile, et à l’ensemble des citoyens nigériens pour prendre conscience de la gravité de cette situation qui risque de mettre en péril la stabilité, la quiétude, et la sécurité de notre pays » .
Parmi les initiateurs de cette déclaration figurent plusieurs organisations de la société civile réunies en un collectif dénommé Groupement des organisations de la société civile de la région d’Agadez (GOSCRAZ) dont les membres sont, Aghirman, la Fédération des femmes de l’AÎR, Alternative Espaces Citoyens, Croisade et Taïmane.
Hassane Boukar
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