Alternative Espaces Citoyens Niger

Bilan an 1 de la campagne Cultivons au Niger

Agir en vue d’améliorer le quotidien alimentaire des générations présentes et futures

mercredi 18 juin 2014 par Seydou

Le samedi 15 mars 2014, les associations engagées dans la campagne « Cultivons » ont célébré l’an 1 de la campagne. C’était au cours d’une cérémonie qui s’est déroulée à l’Espace Frantz-Fanon, en présence de nombreux invités. Il s’est agi au cours de cette manifestation de faire le bilan d’une année d’activités, et de dégager des perspectives en vue de faire du droit à l’alimentation une réalité, sous tous ses aspects, d’ici à 2017.

« Cultivez mieux, partager mieux, vivre mieux », tel pourrait être le slogan de cette campagne lancée en 2011 par OXFAM et ses partenaires, dans plus de 45 pays à travers le monde. Une campagne qui prône la justice alimentaire dans un monde où les ressources se raréfient. D’où cet appel aux gouvernants afin de mettre en place un système alimentaire garantissant un avenir meilleur dans lequel chacun mangerait à sa faim, de manière durable, tandis que dans le même temps, ils interpellaient le secteur privé à modifier ses pratiques alimentaires, de telle sorte que ses profits ne se fassent pas au détriment des producteurs encore moins des consommateurs pauvres. En adhérant à cette campagne le 15 mars 2013, le Niger devenait alors le 57ème pays à adhérer aux idéaux de cette campagne.

S’exprimant après le mot de bienvenue de Moussa Tchangari, secrétaire général de l’association Alternative espaces citoyens, Mme Ouma Moustapha, coordonnatrice de la campagne au Niger, devait expliquer que la campagne Cultivons est une campagne mondiale qui vise à nourrir convenablement les 7 milliards d’habitants que compte notre planète, et ce, sans compromettre les besoins alimentaires des générations futures. Pour y parvenir, la campagne s’articule autours de 4 axes. À savoir : le financement dans l’agriculture ; la résilience ; la promotion des produits locaux ; l’accès des femmes à la terre. En somme poursuit cette dernière, cette campagne incite à consommer local, pour être moins dépendant de l’extérieur mais surtout à éviter le gaspillage alimentaire, de même qu’elle appelle à préserver nos ressources naturelles.

En ce qui concerne la question du financement de l’agriculture, selon Moussa Tchangari, au Niger, même si nous n’avons pas de politique agricole à proprement parler, « nous avons quand même des stratégies dans ce domaine ». Pour preuve devait ajouter M. Tchangari, « nous faisons partie des rares pays africains qui consacrent, bon an, mal an, autours de 11% du budget à l’agriculture et au développement rural, de manière générale ». Néanmoins, poursuit-il, « nous faisons face à des crises alimentaires récurrentes. Ce qui démontre que ces 11% ne sont pas suffisants ». C’est pourquoi, « la Campagne mène le plaidoyer afin qu’on arrive au moins à 20%, en considérant qu’avec ce pourcentage, probablement que nous pourrions mieux relever le défi d’accroitre la production, et ainsi, mettre les gens à l’abri de la faim si toutefois, une part plus importante de cet argent ne reste pas dans la capitale et parvient aux petites exploitations familiales et non à l’agrobusiness ».

Ce qui revient à poser le problème de la contribution de la femme dans l’atteinte du droit à l’alimentation. À cet effet devait préciser Ramatou Diara, membre du Réseau des femmes pour la paix (REFEPA), au Niger, « bien que représentant 50,6% de la population, celles-ci n’exploitent que 6,9% de la superficie totale des terres cultivables alors que les hommes en exploitent 93,1% ». Pourtant, continue la représentante du REFEPA, « selon la FAO, les femmes contribuent à la production des denrées alimentaires de base à hauteur de 60 à 80% ». Dans ces conditions, s’interroge-t-elle, « comment peut-on parler de lutte contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire quand la majeure partie de la population que constituent les femmes, représentent 75% des pauvres ? » Selon toujours cette dernière, cet axe se propose d’essayer d’accroitre, d’ici 2017, de 2% l’accès des femmes à la terre. Ce qui permettra de réduire la vulnérabilité des ménages, du moment où, « lorsqu’une femme agricultrice produit, elle réinjecte parfois plus de 90% de sa production dans l’entretien de la famille. Ce qui contribuera à réduire la vulnérabilité des ménages car plus elle a de terre, plus il y aura plus de production qui sera réinjectée dans l’entretien de la famille ». Selon la FAO, se basant sur les dix réalités genres d’OXFAM, « si les femmes bénéficiaient du même accès aux ressources que les hommes, elles pourraient augmenter les récoltes de leurs exploitations de 20 à 30%, permettant de sortir de la famine, 100 à 150 millions de personnes ». À noter qu’après le bilan d’un an de campagne Cultivons au Niger, et après les différents exposés sur les quatre axes autours desquels tourne la campagne, les invités étaient conviés à déguster des mets locaux. Des mets préparés à 100% avec des produits locaux. Une manière de démontrer que pour peu que l’on s’en donne les moyens, le Niger a la capacité de produire et de transformer suffisamment pour nourrir convenablement sa population.


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