Alternative Espaces Citoyens Niger
Journée mondiale du droit des migrants et des réfugiés

Quand les droits des migrants sont bafoués

vendredi 20 décembre 2013

Chaque 18 décembre, journée internationale des droits des migrants et refugiés, les organisations de la société civile du Niger, organisent une série d’activités commémoratives. Cette année, en plus des débats radiophoniques et des projections de films, une série de conférences publiques ont été organisées pendant la semaine qui précède cette date anniversaire.

Au cours de la conférence débat organisée au Centre Culturel Franco Nigérien Jean Rouch, d’éminents spécialistes ont pris la parole pour éclairer l’auditoire sur la problématique des migrations internationales et les droits des migrants. Dans son intervention, P. Anselm Mahwera, un religieux tanzanien qui a vécu 20 ans hors de son pays natal, a indiqué qu’il se considère comme un migrant, avec un statut social privilégié lié à sa casquette de représentant de l’Eglise catholique.

Selon le conférencier, l’écrasante majorité des migrants vivent un véritable calvaire sur les routes et dans les pays de transit ou de destination. Pour étayer son argumentaire, il a cité le martyr des voyageurs par voie terrestre dans l’espace CEDEAO. Selon lui, lorsqu’ils sont en déplacement, les ressortissants de la communauté sont soumis à des paiements illicites au niveau des postes de contrôle. Les rackets sont tels que les voyageurs perdent très souvent toutes leurs économies sur le trajet, ce qui les oblige à s’arrêter pour chercher du travail au noir. Malheureusement, il arrive que pendant leur séjour, les migrants soient arrêtés et jetés en prison, lors des opérations de contrôle de routine des forces de sécurité, faute de pièces d’identité ou de séjour valides. Le plus déplorable, généralement, après une longue période de détention arbitraire, ces voyageurs sont libérés et reconduits à la frontière où ils sont abandonnés, sans la moindre assistance. Heureusement, que du côté de l’Eglise catholique, une chaine de solidarité permet de financer le rapatriement des plus chanceux vers leurs pays d’origine. Seulement, le budget de cette institution pour la prise en charge de ces cas sociaux s’amenuise chaque année.

Ce tableau illustre parfaitement la situation de violations des droits des migrants et voyageurs tout au long de leur parcours. Et pourtant, « la convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille, entrée en vigueur en 2003, a clairement indiqué que le droit souverain des États à déterminer les conditions d’entrée et de séjour sur leurs territoires ne les dispense pas de respecter, protéger et réaliser les droits humains de tous les individus, relevant de leur juridiction, indépendamment de leur nationalité ou statut, au regard de l’immigration », a indiqué le second conférencier, M. Amadou.


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