En réponse aux chaudes manifestations de rue animées par des jeunes de la région de Diffa les 27 et 28 Avril dernier dans cette localité, le gouvernement de Brigi Rafini a pris des engagements. Les revendications, objet de ces manifestations, ont porté sur une dizaine de points énumérés dans le mémorandum présenté au chef du gouvernement, en présence des élus et des sages de la région. Un mois après, il apparait qu’une seule des dix (10) principales revendications semble connaître un début de solution. Il s’agit de la 8ème ayant trait aux redevances de 15% attribuées aux collectivités territoriales installées dans les zones minières et pétrolières.
A ce sujet justement, le gouvernement de Brifi Rafini a vite introduit deux projets de loi portant respectivement modification des lois minière et pétrolière en vigueur. Plus précisément les révisions ont porté sur les articles 146 de la loi n°2007-01 du 31 janvier 2007 portant Code pétrolier et 95 de l’Ordonnance 93-16 du 02 mars 1993 portant loi minière ; des projets de lois adoptés par la représentation nationale tout en y apportant quelques modifications non négligeables au bénéfice des collectivités territoriales concernées. Résultats : deux acquis juridiques majeurs ont été enregistrés.
Le premier acquis porte sur l’inclusion de l’entité régionale au bénéficie de la quote-part résultant de l’exploitation des ressources susmentionnées, au même titre que les communes concernée par les opérations pétrolières, pour le financement du développement local.
Le second acquis porte sur le quantum de la quote-part en question. Il passe ainsi de « 15% des recettes pétrolières constituées par la redevance ad valorem, les droits fixes et la redevance superficiaire, déduction faite des ristournes concédées aux agents du ministère en charge des hydrocarbures » à « 15% de la totalité des recettes, à savoir fiscales et non fiscales, notamment les revenus du profit-oil » qui doivent être rétrocédées aux collectivités des zones concernées par les industries extractives.
Le législateur a estimé que cette révision en hausse de la quote-part des communes et des régions concernées par les opérations pétrolières et minières, résulte des conséquences de l’article 152 de la constitution du 25 Novembre 2010 stipulant que « les recettes réalisées sur les ressources naturelles et du sous-sol sont réparties entre le budget de l’Etat et les budgets des collectivités territoriales conformément à la loi ».
Quant aux jeunes, ils attendent toujours...
Les neuf (9) autres revendications contenues dans le mémorandum sont visiblement renvoyées aux calendes grecques. Parmi ces revendications, sommes toutes à la porté du gouvernement, on peut rappeler, « le recrutement immédiat d’au moins 5000 ouvriers locaux pour les comptes des différentes compagnies d’exploitation », « l’annulation pure et simple des procédures de location des véhicules à partir de Niamey ou ailleurs », « la résiliation pure et simple de tous les contrats obscurs signés entre les compagnies pétrolières et les cabinets de recrutement », « le transfert à Diffa des diverses commandes de fournitures et matériels », « l’augmentation des salaires des ouvriers et l’amélioration de leurs conditions de travail », « la fermeture de la route artificiellement créée à partir de Zinder sur Agadem aux fins d’étouffer l’économie de la Région de Diffa »…etc.
A l’évidence, parmi les revendications fortes formulées par les jeunes de la région de Diffa, le gouvernement a marqué son intérêt singulièrement sur celles qui, au regard de la tradition dans le domaine, font d’abord et avant tout l’affaire de l’establishment politique local.
Les questions relatives à l’emploi des jeunes, elles, semblent ne pas attirer l’attention. Pourtant, le contexte socioéconomique et sécuritaire de la sous région commande à tout gouvernement sérieux l’observance d’autres attitudes en pareille circonstance. Qu’on ne se voile pas la face ! Dans le contexte qui est désormais le notre, investir dans la jeunesse n’est plus seulement une question de droit fondamental, mais aussi et surtout une question de sécurité collective et individuelle ; car chaque acte de mépris et ou de paupérisation de la jeunesse apporte une pièce constitutive de « bombe à retardement » qu’on lui attribue !
Diori Ibrahim
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