L’unité tant clamée autour du président de la République par le patchwork de partis formant la mouvance présidentielle, se lézarde de jour en jour. En effet, Moden Lumana et Pnds Tarraya, les deux principaux partis de ce groupe ne cachent plus désormais leurs manœuvres à s’envoyer des boules puantes, chacun cherchant ainsi à salir l’autre. Un véritable panier de crabes ! Une certaine presse entretenue est utilisée pour faire la sale besogne. Du coup, les Nigériens qui savent lire entre les lignes et écoutent sur les ondes des radios et télévisions de la place, les propos de certains pontes des deux grands alliés savent que l’unité au sein du pouvoir n’est que de façade.
Les murs de « l’unité cimentée » ont commencé à se fissurer dès les premiers mois de la gestion du pouvoir. Mais comment pourrait-il en être autrement quand on sait que rien de solide n’a guidé la formation de cette coalition hétéroclite. Mus par la seule volonté de monter les marches du pouvoir, les deux grosses têtes du Mouvement pour la Renaissance du Niger (MRN) se sont véritablement attelées depuis un an qu’à se disputer les postes importants au sein de l’appareil d’Etat.
Le partage du gâteau devient dès lors source de mésentente et de désamour entre eux. On se rappelle le 4 décembre 2012, le président de l’Assemblée Nationale et président du parti Lumana Hama Amadou lançait lors d’une session budgétaire du parlement un appel à la formation d’un gouvernement d’union nationale. Quelques jours après ce discours le président de la République qui s’est senti visiblement écorché dans son rôle a, dans son message à la nation, du 18 décembre 2012 tenu à dire qu’il avait toujours appelé à la formation d’un gouvernement d’union nationale.
Autre couac relevé dans les relations entre les grands alliés, le show médiatique du directeur de cabinet du président de la République et celui du ministre des mines et du développement industriel qui ont étalé dans les médias leurs divergences et désaccords sur un dossier portant sur des négociations secrètes entre Areva et le gouvernement nigérien. Chaque camp ne rate pas la moindre occasion à jeter à l’autre des peaux de banane. Des plumitifs sont commis pour le faire.
L’affaire du compte bancaire de la fille du ministre des Affaires étrangères qui défraie la chronique actuellement est assez révélatrice de cette pratique. L’avocat de la fille du ministre souligne avec précision lors d’un point de presse qu’il a animé le samedi 18 mai dernier que l’auteur de l’article accusateur est conseiller à la cellule de communication du président de l’Assemblée Nationale. Des propos qui ont déplu au responsable de cette cellule qui rend public sous forme de droit de réponse un communiqué dans lequel il note que « l’insinuation » de l’avocat « donne l’impression à l’opinion que le Président de cette institution est le commanditaire ou, à tout le moins, le complice de l’article mettant en cause le ministre… » Combien de fois s’interroge-t-il « le président de l’Assemblée nationale a essuyé les attaques de certains journaux dont les fondateurs et directeurs de publication sont membres des cabinets de certaines institutions ou de ministères ? ».
Voilà, qui met de nouveau à nu, les suspicions et inimités entre ceux qui se sont alliés pour gérer le pouvoir. Il leur reste encore trois ans à cheminer ensemble si tout va bien, avant de s’affronter à nouveau dans les joutes électorales. D’ici là, sauront-ils protéger leur love story ? Rien n’est moins sûr.
Mais ce n’est pas tout ça qui importe pour les nigériens, eux qui ont été inondés de promesses électorales et qui attendent impatiemment leur concrétisation. La vérité c’est que le pays qui occupe encore la queue du peloton mondial du point de vue de l’indice du développement humain, va mal. L’économie est en panne, les secteurs sociaux de base toujours malades et la jeunesse majoritairement désœuvrée. Ce sont là les signes visibles d’une déconfiture qu’on ne peut plus cacher …surtout pas avec des contre vérités !
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